Les splendeurs d’un week-end à Paris en amoureux

Les voyages forment la jeunesse, blablabla, on connaît tous cet adage. Mais je vous assure qu’à un moment donné, quand on a traversé la moitié de la planète pour vous raconter nos aventures sur ce blog, on éprouve aussi le besoin de se reposer et de rester au calme. Alors, pour changer un peu des Amériques et de la Chine, j’ai proposé à mon chéri de passer un week-end en amoureux… à Paris ! Chez nous, quoi.

Le pari d’un week-end à Paris en amoureux

L’été dernier, Baptiste et moi avions déjà décidé de troquer nos balades exotiques pour une redécouverte de la capitale. Si, comme nous, vous vivez à Paris et que vous avez déjà cédé à la tentation de vous acheter un guide touristique de la Ville Lumière histoire de l’explorer comme un touriste le ferait, vous devez pouvoir comprendre ce besoin qui était le nôtre.

L’idée venait de Baptiste, et je dois reconnaître qu’elle était très bonne, même si j’avoue que je suis sceptique à l’idée de vivre dans un monde où Baptiste aurait trop souvent raison ! Quand on vit quelque part, c’est comme si toutes les beautés et les spécificités du lieu disparaissaient derrière la grisaille du quotidien. Il faut briser ce brouillard de banalité pour redécouvrir son environnement.

La Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe, vus en bourlingueurs, c’était cool. Et notre nuit dans un palace parisien (on en rembourse toujours les dettes !) m’a donné une idée à mon tour : et si, à l’automne, on refaisait la même chose, mais version week-end à Paris en amoureux ? Et si l’on faisait le pari de transformer notre ville de travail et de loisirs en cité romantique ?

Pourquoi à l’automne ? Parce que, voyez-vous, on aime la fraîcheur, les nuages bas dans le ciel, la bise qui vient caresser nos joues rougies, nos corps emmitouflés entre manteaux et gants. On aime sentir une légère pluie sur nos visages et apercevoir nos souffles glacés comme des ronds de fumée qui s’entrechoquent. Y’a-t-il plus romantique que ça ?

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Voir Paris et sourire

Organiser un week-end à Paris en amoureux, c’est chercher constamment l’équilibre entre l’attendu et l’inattendu, entre le classique et l’insolite, entre le passage obligé et la quête de nouvelles merveilles. La capitale française est la ville par excellence du romantisme et de l’amour, celle qui voyait Gene Kelly et Leslie Caron danser sur les quais de Seine au clair de lune dans Un Américain à Paris.

Difficile, dans ces conditions, de faire original. Il y a des étapes à respecter, et d’autres que l’on peut gentiment bazarder parce qu’elles font vraiment toc. Un exemple ? En dressant mes plans de balade, j’ai tout de suite laissé de côté l’idée du bateau-mouche et du dîner sur la Seine. Parce qu’on y mange moyennement bien et que la Seine, mieux vaut la parcourir à pied sur les quais.

D’ailleurs, et ce sera mon premier conseil pour nos lecteurs qui voudraient nous succéder dans cette aventure romantique, une balade de Paris en amoureux se fait exclusivement via des moyens de transports en surface. Pas de métro : il faut marcher, prendre le bus ou pédaler sur un vélo. Comment apprécier une ville autrement qu’en la voyant réellement ?

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Premier jour : cœur sacré et Sacré-Cœur

Nous voilà donc partis. Nous sommes samedi matin, il est bien plus de 5 heures et Paris s’est éveillé depuis longtemps. J’ai prévu les sandwiches et la bouteille de vin (un Côte du Rhône, rouge bien sûr), il ne reste plus qu’à aller acheter une petite boîte de macarons chez Ladurée, la boutique des Champs-Élysées. On en profite pour démarrer à l’Arc de Triomphe et descendre l’avenue.

Première étape, après les macarons : le pont des Arts pour un pique-nique. Sur le pont, la vue est grandiose – l’île de la Cité d’un côté, le palais du Louvre de l’autre… On suit la tradition du cadenas, sur lequel on a gravé nos prénoms avec un cœur, et dont on jette la clé dans la Seine en symbole de notre amour éternel. Il y a moins de cadenas qu’avant, ce qui nous fait plus de place.

Octobre est sur nous, octobre endormi aux fontaines (chantait Francis Cabrel), et j’ai pensé aux couvertures puisque nos manteaux ne nous suffisent plus. L’air parisien est frais. Le vin réchauffe nos corps et nos âmes, les macarons sont splendides, et les dieux grecs eux-mêmes n’ont jamais consommé meilleure ambroisie.

On file vers la butte Montmartre, autre passage obligé. Sur le chemin, rudement pentu, Baptiste soudoie un vendeur ambulant pour m’offrir une rose rouge. Cette fleur m’est enviée par ces demoiselles qui posent, sur la place du Tertre, pour les caricaturistes aux chapeaux mous et aux doigts fatigués, traçant éternellement leurs lignes claires tandis que les touristes vident des chopes de bière.

Au cœur sacré du cadenas succède le Sacré-Cœur, enveloppé d’une brume épaisse qui lui confère cette aura romantique et mystérieuse, pile poil ce qu’il nous fallait. Je connais par cœur cette basilique, mais c’est comme si je la redécouvrais chaque fois, toujours impressionnée, écrasée par le poids de son architecture et de ses charmes. La nuit tombe et l’on observe Paris de haut, tapissée de lumières.

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En soirée : la fonction du ballet

Vite, il faut redescendre ! L’heure file à toute allure. Dans cette parenthèse qu’est un week-end à Paris en amoureux, les horloges perdent de leur pouvoir et les durées se suspendent. Mais j’ai réservé des tickets pour un spectacle, et il nous faut rejoindre l’Opéra Garnier, place de l’Opéra, tout au sud de la rive droite.

Ce soir, c’est ballet : l’opéra de Paris accueille les chorégraphies de Anne Teresa de Keersmaeker, une succession de danses qui dialoguent avec les classiques – Bartók, Beethoven, Schönberg. C’est à la fois magique et sublime, grandiose et piquant, varié et cohérent.

Même sans le pratiquer, le ballet ouvre l’appétit. Pour le dîner, c’est Baptiste qui a pris les choses en main. Il me fait monter dans un bus sans me dire où nous allons – mais pas bien loin, car nous voilà bientôt sous la Tour Eiffel, sur le Champ de Mars. Surprise : une réservation nous attend au restaurant Jules Verne, au 2e étage !

Que dire du menu Expérience, sinon qu’il laisse sur les papilles un mélange de mille saveurs plus étonnantes les unes que les autres ? Le dîner n’est pas donné – vous vous en doutiez – mais c’est une Expérience à vivre une fois dans sa vie. L’existence est si courte, n’est-ce pas ?

La soirée se conclut par une balade le long des quais de Seine, je suis Leslie Caron et mon amoureux est Gene Kelly. Direction le Design Secret, hôtel très privé du 9e arrondissement dans lequel j’ai choisi la chambre Orsay, avec jacuzzi. L’établissement accueille les amants qui veulent rester discrets ; au bar, seuls les clients ont accès… pour boire un Sex on the Beach ?

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Deuxième jour : un week-end à Paris en amoureux, c’est mieux

La journée de samedi fut belle, très belle. Comment prétendre au même niveau ce dimanche ? C’est là qu’il faut se montrer original. On démarre en sautant le petit déjeuner pour filer dévorer un brunch au Pain Quotidien – pain, viennoiseries, muesli et pâtes à tartiner entièrement bio. On réfléchit mieux l’estomac plein.

Si vous voulez voir quelque chose de drôle, je vous souhaite de tomber sur Baptiste qui enfourche un Vélib’ ! Cahin-caha, on parvient jusqu’à l’entrée du Père Lachaise. Un cimetière pour une journée romantique ? Oui, autour du sépulcre de mon idole, Oscar Wilde. Je pose un bisou sur la vitre, comme l’ont fait des centaines de fans avant moi, et des fleurs devant l’édifice.

Direction le jardin du Luxembourg où l’on profitera du froid soleil de cette fin d’octobre. On y découvre d’ailleurs un hôtel de charme homonyme, « Les jardins du Luxembourg » qui accueillera notre repos la prochaine fois. La fraîcheur n’a pas empêché les bouquinistes de s’installer sur leurs quais de Seine, et tout en livres et en cigarettes à moitié consumées, ils nous évoquent les bienfaits de la lecture des philosophes modernes. Je repas avec un volume de Jankélévitch. J’adore les bouquins, et je crois qu’ils m’aiment aussi.

J’ai longtemps hésité sur un musée, en me demandant lequel serait le plus approprié à notre week-end à Paris en amoureux. J’ai opté pour celui de l’érotisme, qui propose des pièces consacrées à l’art… érotique, donc. Ne riez pas : car l’art érotique est aussi un art du sacré, comme chez nos ancêtres préhistoriques qui représentaient ensemble sexualité et fécondité.

Comment finir en beauté un tel week-end ? En se faisant papouiller, pardi ! L’institut Yves Rocher de la rue de Rivoli nous accueille pour un massage doublé d’un modelage aux huiles essentielles. Le bonheur absolu. Et à observer Baptiste, relaxé par tant de bons soins après deux jours de promenade, j’ai compris que j’avais bel et bien gagné mon pari de week-end à Paris en amoureux !

Aurélie

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