5 raisons pour lesquelles j’irai revoir ma Normandie !

Dans ma tête, la Normandie, c’était d’abord la région du Mont-Saint-Michel et de Deauville. En somme, un rocher entouré d’eau où se massent les touristes pour manger des omelettes hors de prix et une station balnéaire de luxe squattée le week-end par tous les Parisiens en manque d’air frais. Et puis, encouragée – bon, ok : forcée – par Baptiste, tout juste revenu de Rouen, j’ai accepté d’y aller faire un tour. Verdict ?

Complètement à l’ouest

Sûr qu’après la Chine et le Kenya, l’idée de parcourir la Normandie du nord au sud et d’est en ouest n’était pas la plus appétissante que Baptiste ait eu. C’est en revenant de son week-end culturel à Rouen qu’il a décidé de m’embarquer avec lui pour un périple au pays des vaches et des pommes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a dû du mal à me convaincre de grimper en voiture.

Ce qui m’a décidée ? Sa promesse qu’on n’irait pas au Mont-Saint-Michel. Le rocher abrite l’un des pires souvenirs de vacances de mon enfance : je devais avoir 6 ou 7 ans au plus, mes parents m’y avaient traînée. J’en conserve surtout des sensations désagréables : le froid mordant du vent qui cinglait le gué ; la foule, compactée dans les ruelles étroites ; et une visite guidée interminable de l’abbaye.

Si je vous disais que, depuis que j’y suis retournée (car, oui, Baptiste avait menti : la Merveille était bel et bien au menu de notre trajet), le Mont-Saint-Michel est devenu l’un de mes lieux favoris, tous pays confondus… Mais je n’en dis pas plus pour l’instant. Il faut bien garder un peu de suspense.

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Une ou deux Normandie ?

J’ai toujours eu un peu de mal à comprendre pourquoi la Normandie était divisée en deux régions, la Haute et la Basse-Normandie, et ce depuis 1956. J’ai lu quelque part que cette séparation puisait ses racines dans des raisons économiques et politiques, et qu’elle était valable dans la France centralisée d’avant les années Mitterrand.

Quand j’ai su que les deux Normandie seraient réunies en 2016 par le projet de fusion territoriale, après les élections régionales, il m’a semblé que l’État corrigeait là une étrange lubie. Mais une lubie qui aura duré soixante ans, tout de même.

Mais bref, je m’égare : je voulais présenter la région. La Normandie, donc, située tout à l’ouest de la France, est séparée en cinq départements à cheval sur les actuelles Basse et Haute-Normandie : le Calvados, la Manche, l’Orne, l’Eure et la Seine-Maritime. Elle est traversée par la Seine qui se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur.

Elle est aussi la 8e destination régionale des touristes français, privilégiée surtout pour des séjours de courte durée… Et, désormais, ma destination hexagonale favorite à moi ! Il est plus que temps que je vous donne les raisons de mon coup de foudre pour ce beau, agréable et appétissant territoire. Elles sont au nombre de 5, ces raisons : autant qu’il y a de départements en Normandie !

Parce que ses villes et ses villages

La Normandie, ce sont des villes célèbre comme Rouen (la « ville aux cents clochers »), Cherbourg, Dieppe, Bayeux (pour sa tradition de tapisserie et de broderie), Le Havre (dont l’architecture moderne et originale figure au patrimoine mondiale de l’Unesco), Caen (et son vieux centre historique), Saint-Lô (ville martyre de la Seconde Guerre mondiale), Coutances (sa cathédrale et son festival de jazz)…

Mais ce sont aussi des communes classées dans la catégorie des « Plus beaux villages de France » :

  • Le petit port de pêche pittoresque de Barfleur, où l’on déguste des moules pêchées le matin même en mer ;
  • La douceur de vivre de Beuvron en Auge, dont les maisons à colombages restaurées font voyager dans le temps ;
  • Le Bec-Hellion, ancien pôle religieux très influent, avec son abbaye fondée au XIe siècle (décidément, les abbayes et moi, c’est une affaire qui marche !) ;
  • Le décor de carte postale de Lyons-la-Forêt, au cœur d’une des plus belles hêtraies d’Europe ;
  • L’inspirant et intemporel Saint-Cénerie-le-Gérei, qui attira autrefois bon nombre de peintres tels que Gustave Courbet et Jean-Baptiste Camille Corot.

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Parce que le Débarquement de Normandie

La Normandie est aussi un musée à ciel ouvert, depuis que les troupes alliées ont choisi d’y débarquer le 6 juin 1944 pour bouter l’envahisseur allemand hors de France et sauver l’Europe. Les sites, musées et lieux de mémoire traitant du D-Day et de l’offensive qui a suivi sont dispersés sur l’ensemble des départements normands. Voici mes préférés :

  • Le Mémorial de Caen ;
  • La Maison de la Libération à Saint-Laurent-sur-Mer ;
  • Le musée D-Day Omaha à Vierville-sur-Mer ;
  • Les cimetières américains de Colleville-sur-Mer (surplombant la plage d’Omaha) et de Saint-James, et ceux, britanniques, de Douvres-la-Délivrande, Secqueville-en-Bessin et Tilly-sur-Seulles.

Parce que le Mont-Saint-Michel

Et oui, je l’ai laissé entendre un peu plus haut : après un intervalle de temps de presque deux décennies, je suis retournée au Mont-Saint-Michel et j’ai adoré ça ! (Baptiste, si tu lis cet article, sache que je n’oublierai pas que tu as menti avant le départ, même si c’était pour la bonne cause !)

Il est vrai que la Normandie est bourrée d’églises et d’abbayes. Mais la plus célèbre se trouve au sommet du Mont-Saint-Michel : une première église fut édifiée par l’évêque d’Avranches en 709, puis le duc de Normandie, en 966, demanda à une communauté de bénédictins de s’établir sur le rocher. L’abbaye n’a cessé, ensuite, de s’embellir au fil des siècles. La preuve que, cette fois, j’ai écouté la visite guidée.

Mais ce que j’ai aimé entre tout, c’est la vue qu’on a depuis le sommet du Mont, le paysage à 360° avec, d’un côté, la mer infinie, et de l’autre les côtes normande et bretonne. Franchement, ça vaut le coup d’œil. Et tant pis si les 3 millions de visiteurs par an, on les sent quand même passer. On respire un bon coup avant d’entrer, et ça roule.

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Parce que la région de l’impressionnisme

Moi qui adore la peinture, je n’ai pas oublié que la Normandie est le « berceau de l’impressionnisme », selon l’expression de Jacques-Sylvain Klein. En 1872, Claude Monet y a peint, au Havre, son « Impression, soleil levant », l’œuvre qui a donné son nom au mouvement.

Certes, ce tableau est conservé au musée Marmottan, à Paris, mais ça ne m’a pas empêchée de courir (ou, pour être exacte : de rouler) jusqu’à Giverny, longtemps habitée par Monet, qui abrite le musée des Impressionnismes.

Après le musée d’Orsay, les deux plus importants établissements dédiés à l’impressionnisme se trouvent en Normandie : le musée des beaux-arts de Rouen et le musée Malraux (ou Muma) du Havre. Des musées plus petits complètent le tableau : celui de Giverny, le musée Eugène Boudin à Honfleur, le musée des beaux-arts de Caen, etc.

Bref, vous l’aurez compris, cette région est un bonheur pour les amateurs d’art, voire pour tous les curieux avides de connaissance. Sans vouloir dénoncer, j’en connais certains (hum, Baptiste) qui ne sont pas des grands fans d’impressionnisme, mais qui ont particulièrement apprécié les itinéraires dédiés proposés par les offices de tourisme.

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Parce que la mer et les stations balnéaires

La 5e et dernière raison : le littoral. Parce qu’un séjour en Normandie ne peut pas ignorer la mer, et ses côtes aux noms si doux – Nacre, Albâtre et Fleurie. Je passe rapidement sur Deauville, qui ne m’a pas tellement séduite (mais j’avais, il est vrai, une impression mitigée dès le départ). Les casinos, les palaces et les villas lui confèrent un genre trop bourgeois à mon goût.

Par contre, laissez-moi vous parler des falaises d’Etretat, l’un des sites naturels les plus spectaculaires de France. C’est comme si la terre connaissait ici une fin abrupte, comme si elle était brusquement rongée par la mer. Ce décor exceptionnel a été immortalisé par Monet et Boudin, mais aussi, à l’écrit, par Flaubert et Maupassant.

Et puis, Cabourg… sa « plage aux romantiques » est magnifique ! Dommage que nous soyons arrivés bien après le festival du film romantique, j’y aurais bien emmené mon amoureux. Ca nous aurait changé des films de super-héros.

Je termine rapidement avec un petit détour par Honfleur, la ville au port le plus mignon que j’aie jamais vu, avec sa surprenante église à double nef, et ses délicieuses moules pêchées du matin même… Rien à dire : les stations balnéaires de charme donnent encore plus de crédit à cette région, surtout quand on peut y manger aussi bien.

Voilà, je m’arrête ici parce qu’il faut bien laisser de la place à nos autres récits de voyage. Mais prenez-le pour dit : j’irai revoir ma Normandie. La mienne, de Normandie, et celle de personne d’autre !

Aurélie

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